YNAP : bonne performance du luxe au premier trimestre

Yoox Net-A-Porter s'apprête à ouvrir une nouvelle page de son histoire sous le contrôle du groupe Richemont. Ce sont donc ses derniers résultats en tant qu'entité indépendante qui ont été présentés lundi. Et si ses revenus ont progressé d'un timide 0,5 % au premier trimestre, pour atteindre 518 millions d'euros, ce changement, d'allure modeste, cache des chiffres beaucoup plus impressionnants, malgré la contre-performance des produits soldés du groupe italien.


Net-A-Porter

L'entreprise a déclaré des ventes en hausse de presque 8 % à taux de change constant et son PDG, Federico Marchetti, s'est dit « fort content » des performances des filiales les plus importantes du groupe.

Point important, la stratégie de développement dans le secteur du luxe semble bien engagée : YNAP prévoit d'ouvrir une plateforme dédiée sur Mr Porter dans la lignée de la catégorie consacrée depuis le mois d'avril dernier à la joaillerie et aux montres sur Net-A-Porter. Dans le même temps, le groupe italien précise que ses collections saisonnières ont vu leur chiffre d'affaires grimper de 14 % et que les boutiques en ligne qu'elle gère pour des marques tierces, dont de nombreux grands créateurs comme Armani, Valentino ou Isabel Marant, ont connu une progression des ventes qui dépasse 20 %.

Rentrons un peu dans les détails. Comme on l'a dit plus haut, ses recettes ont peut-être connu une progression relativement modeste au cours des trois premiers mois de son exercice, mais elles sont nettement plus encourageantes une fois exclue l'incidence des taux de change. Selon l'entreprise, sa croissance organique (c'est-à-dire la valeur brute de ses marchandises) était de 10,4 % au premier trimestre, avec une performance organique dans le vert pour toutes ses filiales. Les revenus nets de ses activités « mutlimarques saisonnières », comprendre Net-A-Porter et Mr Porter, ont progressé de 14,1 %, pour atteindre 282,3 millions d'euros, et représentent 54,6 % des ventes totales du groupe au premier trimestre, contre 51,8 % l'année précédente.

Les deux sites de luxe ont bénéficié des contrats d'exclusivité conclus avec Balenciaga et Fendi FF, qui ont tous deux signé des collections capsule, ainsi que de la collaboration entre Mr Porter et Prada, premier partenariat exclusif entre la marque italienne et le revendeur en ligne. Sans compter l'expansion dans le domaine de la joaillerie et des montres, qui a apporté sa pierre à l'édifice.

Mais les activités « multimarques des saisons passées » bradées, c'est-à-dire Yoox et Outnet, ont connu une timide croissance organique de 2 %, pour atteindre 183,3 millions d'euros au cours du trimestre. Et sur une base rapportée, leurs recettes ont même décliné de 4,6 % : cette partie du groupe représente désormais 35,4 % des ventes totales du trimestre, contre 37,3 % il y a un an. Cette performance reflète le faible taux de fidélisation de la clientèle de The Outnet, en raison principalement « de la faible disponibilité des produits » aux dernier trimestre de l'exercice précédent, ainsi que l'impact de la stratégie de prix « conçue pour atténuer les vents contraires qui affectent Yoox », en raison notamment de taux de change défavorables.

Mais les deux sites s'apprêtent à rebondir en améliorant leurs gammes de produits : Yoox vient de lancer des boutiques éphémères (See by Chloé et Polo Ralph Lauren) et The Outnet a décidé d'élargir son offre de chaussures. Au mois d'avril, The Outnet a également commencé sa nouvelle phase d'expansion géographique, avec des lancements au Moyen-Orient et au Japon.

Perspectives internationales

YNAP se concentre clairement sur l'international et cette stratégie a porté ses fruits au cours du premier trimestre. Selon l'entreprise, les marchés qui ont connu la croissance la plus rapide sont l'Italie, l'Amérique du Nord et la région Asie-Pacifique, mais le groupe a enregistré des croissances positives à taux de change constant sur tous ses principaux marchés.


Mr Porter

Le Royaume-Uni a terminé le trimestre avec des recettes nettes en progression de presque 6 %, l'Italie a progressé de 10,4 % et l'Amérique du Nord de 8,5% (avec des recettes en baisse de 5,1 % sur une base rapportée, en raison de l'effet des taux de change). Les recettes réalisées en Europe, sans compter l'Italie et le Royaume-Uni, ont augmenté de 4,3 %. Et les recettes de la région Asie-Pacifique ont bondi de 13,4 %, surtout grâce à Hong Kong et au Japon.

Au cours du trimestre, le groupe a enregistré 245 millions de visites sur ses sites, contre 200 millions au cours du premier trimestre 2017, et 2,4 millions de commandes, contre 2,2 millions l'année précédente. Mais la valeur moyenne des commandes a baissé - elle était de 314 euros (ou 339 euros à taux de change constant), contre 343 euros au premier trimestre 2017. Mais cette baisse a été largement balancée par la progression du nombre de consommateurs actifs, qui est passé en un an de 3 à 3,2 millions.

En ce qui concerne le futur, l'entreprise prévoit des résultats annuels cohérents avec ses prévisions. YNAP devrait dépenser entre 170 et 180 millions d'euros rien que pour assurer sa pérennité. Ces investissements seront alloués à la mise en place de sa stratégie omnicanale et au développement (actuellement en cours) de sa plateforme technologique mutualisée.

« L'accent sera porté sur l'innovation dans le domaine des applications mobiles et sur la mise en place d'outils de localisation et de distribution omnicanale », explique l'entreprise. Le groupe prévoit également de développer ses activités avec un nouveau pôle à Milan, ainsi qu'un espace supplémentaire dans son centre de logistique Interporto, à Bologne.

Traduit par Paul Kaplan

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2018 FashionNetwork.com

Mode - Prêt-à-porterMode - AccessoiresMode - ChaussuresLuxeBeauté - DiversBusiness
INSCRIPTION À LA NEWSLETTER