Moncler : Eurazeo a cédé ses parts pour 445 millions d'euros

La société d'investissements française Eurazeo a annoncé mercredi avoir cédé sa participation résiduelle de 4,8% du capital du fabricant italien de doudounes de luxe Moncler, pour environ 445 millions d'euros, mettant ainsi un terme à un placement particulièrement rentable pour la société française d'investissement. Eurazeo a cédé un peu plus de 12 millions d'actions Moncler à un prix de 36,5 euros par action "pour un total d'environ 445 millions d'euros", a précisé l'entreprise française dans un communiqué.


Un magasin Moncler à Copenhague - @moncler

L'opération a été réalisée dans le cadre d'un placement accéléré auprès d'investisseurs institutionnels. Mardi soir, avant l'annonce de cette cession, le titre Moncler avait terminé à 37,05 euros à la Bourse de Milan. Mercredi peu avant 12H00 (11H00 GMT), le titre reculait de 2% à 36,3 euros après l'annonce d'Eurazeo, qui ne détient désormais plus aucune action ni droit de vote dans la société.

Eurazeo et ses co-investisseurs étaient entrés dans le capital du groupe italien en 2011 en acquérant une participation de 45% pour environ 420 millions d'euros, ce qui valorisait Moncler à quelque 930 millions d'euros au total. Eurazeo avait injecté près de 300 millions d'euros, à lui seul, avant de réduire progressivement sa participation au gré du développement de la marque.

Moncler a rapporté 1,5 milliard d'euros depuis 2011 à Eurazeo, en comptant les dividendes, soit cinq fois son investissement d'origine, a souligné la présidente d'Eurazeo Virginie Morgon dans un entretien à l'AFP.

Eurazeo a grandement contribué à la forte accélération de la croissance de Moncler ces dernières années, en misant sur l'internationalisation de la marque. Les ventes de Moncler sont passées de 280 millions en 2010 à 1,4 milliard d'euros en 2018, et le nombre de ses points de vente dans le monde a été multiplié par trois entre 2011 et 2019.
Sa capitalisation boursière atteint aujourd'hui 9,3 milliards d'euros, une valorisation décuplée par rapport à 2011.

Mais pourquoi alors s'en séparer maintenant? "Je ne vends pas Moncler parce que j'ai besoin de vendre", a assuré Mme Morgon.

En dépit d'une baisse de 40% de son bénéfice net l'an dernier en raison notamment de dépréciations d'actifs, Eurazeo disposait d'un confortable niveau de trésorerie disponible de 800 millions d'euros au 31 décembre, quasiment doublé sur un an, a-t-elle rappelé. Et le chiffre d'affaires "économique", qui intègre les revenus des sociétés dans lesquelles Eurazeo détient une part significative, a progressé de 10% à 5,8 milliards d'euros l'an passé.

"Il y a encore une très jolie histoire pour Moncler dans les années à venir", a estimé Virginie Morgon. "Mais notre mission c'est aussi de sécuriser la valeur créée: le luxe, c'est quand même des titres qui ont de la volatilité (...). On fait notre métier, on cherche les bonnes conditions de vente".

Et comme Eurazeo n'était désormais plus qu'un actionnaire mineur au capital de Moncler, "nous n'étions pas partis pour réaccompagner cette société sur une période longue", a-t-elle encore expliqué.

 

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