Les détaillants indépendants de chaussures formulent dix propositions aux élus

Confrontés comme dans l’habillement à un changement des comportements d’achat, à l’évolution de la concurrence et à la perte d’attrait des centres-villes, les commerces indépendants de chaussures publient un livre blanc porteur de dix propositions adressées aux élus pour assurer la pérennité de leur profession.


La FDCF représente 4 000 entreprises en France, soit 5 350 magasins et 14 500 salariés - Shutterstock

Porté par la Fédération des détaillants en chaussures de France (FDCF), le document librement accessible sur le site de l'instance représentative a été envoyé le 20 février dernier aux ministères concernés, ainsi qu’aux députés et sénateurs siégeant au sein des commissions commerciales, sans oublier les élus locaux plus que jamais mobilisés sur les questions d’animation commerciale et de fiscalité concurrentielle dans les territoires.

Et, de fiscalité, il en est beaucoup question dans ce livre blanc, avec cinq propositions s’y rapportant. Avec en premier lieu l’assise de la taxe foncière sur les surfaces de vente, et non sur l’ensemble du local intégrant le stock. Est également demandée, la création de zones franches au cœur des villes et bourgs, ainsi que des incitations à l’investissement dans les petits locaux commerciaux.

Le soutien à l’investissement numérique, sur lequel les indépendants ont pris un retard certain, fait lui aussi partie des requêtes. Et, sans surprise, un rééquilibrage de TVA entre commerce physique et e-commerce est réclamé. Pour rappel, le Conseil du commerce de France (CdCF) et le Conseil national des centres commerciaux appellent également à réduire les écarts d'imposition entre les deux canaux.

 Centre-villes et transmissions

Trois propositions de la FDCF portent sur la redynamisation des centres-villes, où officient 87 % des adhérents de la fédération. Et la première d'entre elles est de renforcer l'attrait des soldes via une limite fixée à -20 % pour les promotions hors-soldes, ainsi que via le retour aux prix de référence. « Avant 2015, ce prix était celui pratiqué durant la saison. Depuis c’est un peu n’importe quoi », pour Philippe Daquai, ex-président du FDCF qui a piloté l’ouvrage. « Le prix barré doit correspondre à un prix couramment utilisé dans le point de vente, et pas sur Internet ou une autre adresse du distributeur ». L’instance représentative appelle par ailleurs à institutionnaliser une « semaine du commerce » dans les centres-villes et bourgs afin de créer un rendez-vous populaire, à l’image de la Fête de la musique.

Sur le terrain administratif, la fédération réclame que le commerce de détail soit représenté au sein des commissions départementales d’aménagement commercial (CDAC), organe local qui donne le feu vert aux implantations commerciales, et dont la FDCF juge la composition trop politique. « Quand on crée un outlet, on sait que ça a des retombées dans un rayon de 100 kilomètres », pointe Philippe Daquai. « Non seulement la loi Elan interdit désormais aux commerces de moins d’un an de déposer un recours, mais depuis les dossiers sont désormais présentés le plus tard possible, privant les associations du temps pour préparer un recours ».


Les commerçants indépendants demandent un rééquilibrage de TVA entre commerce physique et e-commerce. - Shutterstock

Les deux dernières propositions concernent les aides et la transmission d'entreprise. La première est un appel à aider (via BPI ou autres) au financement du stock de chaussures lors des trois premières années d’activité. « Le délai moyen pondéré que met le produit à être vendu est d’environ six mois. Mais le paiement des fournisseurs se fait à 55 jours », explique la fédération pour qui le désengagement des banques empêche de jeunes entrepreneurs de se lancer. La dixième proposition vise à accompagner la transmission via un amortissement fiscal de l’investissement, l’étalement des droits de mutation et la défiscalisation d’une part de l’investissement.

« La chaussure est un métier de passion », rappelle Philippe Daquai, à qui Sandrine Lacotte-Garçin vient de succéder à la tête de la fédération. « Ces dix propositions de bon sens doivent permettre de supprimer les dérives et injustices que nous subissons ». La FDCF représente à ce jour plus de 4 000 entreprises en France, totalisant 5 350 magasins et 14 500 salariés.

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