La charentaise, un chausson en quête d'indication géographique

Bordeaux, 9 mai 2018 (AFP) - Six entreprises fabriquant des charentaises, en Charente et en Dordogne, ont demandé la création d'une indication géographique (IG) afin de protéger la qualité et le savoir-faire artisanal du célèbre chausson français, a indiqué mercredi l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi). Une enquête publique a été ouverte en vue d'homologuer cette indication et, si le dossier déposé par « l'Association pour la promotion de la charentaise », à Angoulême, est accepté, aboutira à une homologation d'ici novembre.


© AFP/Archives / JOEL SAGET

Environ 300 000 paires de charentaises en cousu retourné, technique historique de fabrication, sont fabriquées chaque année par ces six entreprises qui emploient 210 personnes, pour un chiffre d'affaires total d'environ 5 millions d'euros en 2016.

La charentaise est apparue à la fin du 19e siècle en Charente, Dordogne et sud du Limousin « pour recycler des reliquats de fabrication des industries textiles et papetières situées sur le fleuve Charente et ses affluents », précise l'Inpi dans un communiqué.

« Les feutres à papier étaient en laine. Après avoir servi au pressage et avoir absorbé l'eau de la pâte à papier, ils devenaient imperméables. Les savetiers locaux eurent alors l'idée de récupérer les feutres pour en faire des semelles souples et confortables », a-t-il expliqué.

La technique historique de fabrication de ces pantoufles est le « cousu retourné », une technique qui permet d'assembler avec un fil de chanvre la semelle en feutre ou cuir et la tige, avant de retourner le chausson pour lui donner sa forme définitive.

La loi dite « consommation » a élargi les indications géographiques aux produits manufacturés, et non plus seulement aux produits agricoles et viticoles, pour reconnaître la qualité et la provenance des produits de l'artisanat et de l'industrie. Trois indications géographiques ont déjà été homologuées par l'Inpi : le siège de Liffol (Vosges), le granit de Bretagne et la porcelaine de Limoges.

Les dossiers en cours sont la tapisserie d'Aubusson, le grenat de Perpignan, la pierre de Bourgogne, et le savon de Marseille. La demande d'IG pour les espadrilles de Mauléon a en revanche été refusée.

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