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3 mars 2020
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Gauchere séduit avec sa mode minimale

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3 mars 2020

Après avoir défilé plusieurs saisons en marge du calendrier officiel, Gauchere a fait son entrée dans la cour des grands au dernier jour de la Semaine de la mode parisienne, mardi, avec un show réussi. Adepte d’un minimalisme architecturé, la créatrice Marie-Christine Statz (37 ans) a proposé une garde-robe complète et cohérente autour d’une silhouette puissante.


Gauchere, automne-hiver 2020/21 - ph Dominique Muret


Costumes amples, grandes vestes et chemises d’hommes, pantalons et manteaux importants constituent l’essentiel de cette collection pour l’automne-hiver 2020/21, où l’on trouve aussi des robes et des jupes descendant jusqu’aux mollets. La plupart du vestiaire est réalisée dans des laines et flanelles, tandis que pointent un ou deux looks en cuir souple (pantalons et vestes-chemises), ainsi que quelques belles pièces en maille.
 
Les vêtements sont taillés avec précision et rigoureusement monochromes, dans une palette neutre très masculine de gris dominants. Les coupes sont strictes, tandis que les volumes sont emphatisés aux épaules. Les vestes cintrées ou resserrées à la taille par une ceinture coulissante, qui se noue dans le dos, accentuent cet effet d’épaules larges, tout comme les épaules pagodes adoptées dans certaines robes ou vestes sans manches.

"Le tailoring masculin est le cœur de la collection, mais c’est un tailoring décontracté. J’ai voulu jouer sur le statut de ce style business en valorisant les épaules pour donner de la force à la femme", nous explique Marie-Christine Statz en backstage. "Pour ce premier défilé dans le calendrier officiel, je voulais un message très clair autour d’une idée de brutalisme et de silhouette monumentale, très minimaliste, toujours inspirée par l’homme", souligne-t-elle.
 
Avec son approche perfectionniste, la jeune femme joue, en particulier, avec des détails parfois invisibles, comme ses vestes qu’elle croise de la gauche vers la droite, marque de fabrique de sa maison (qui se nomme Gauchere car elle est effectivement gauchère). Une capote peut ainsi se porter en cape avec des ouvertures sous les manches. Un bras se dévoile totalement dans une chemise. Le dos d’une veste en flanelle grise ruisselle de franges pour une allure inattendue de cow-boy. Une chemise est taillée dans une étoffe de banquier.


Gauchere, automne-hiver 2020/21 - ph Dominique Muret

 
Allemande ayant grandi à Düsseldorf, diplômée à la Parsons School of Design de New York, Marie-Christine Statz a fini par s’installer à Paris, où elle a effectué une spécialisation auprès de la Chambre syndicale de la couture parisienne. Elle s’est formée chez Narcisco Rodriguez, puis chez Diane von Furstenberg, avant de lancer sa propre marque en 2013 dans la capitale.
 
"J’ai commencé seule avec 35 pièces, qui ont été achetées dès ma première collection par Le Bon Marché. Petit à petit, la marque a grandi attirant de plus en plus d’acheteurs. Aujourd’hui, nous en comptons une bonne trentaine, notamment en Asie, Corée du Sud et aux Etats-Unis", raconte la styliste, dont la structure (son atelier et son showroom parisiens) dénombre entre 15 et 20 collaborateurs. Ses tissus sont tous sourcés en France et Italie, tandis que 60 à 70 % de la production est réalisée dans l’Hexagone.

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