Fashion Week de Londres : couleurs fluos et looks underground chez Topman Design

Couleurs fluos, imprimés psychédéliques, looks underground : la marque britannique Topman Design a lancé vendredi la Fashion Week de Londres des collections masculines de l'hiver prochain, en plongeant dans la culture rave des années 1990.


Topman Design - Fall-Winter2017 - Menswear - Londres - © PixelFormula

Les stylistes n'aiment rien tant que remettre au goût du jour et réinventer les modes et cultures d'hier et le géant Topshop (300 magasins au Royaume-Uni) a cette fois remonté le calendrier d'une bonne vingtaine d'années, ancrant sa collection dans les rave party qui fleurissaient alors au son de la house music.

Pour célébrer cette époque haute en couleurs, Topman s'est installé dans une vaste salle obscure aux airs d'entrepôt située dans l'enceinte du grand magasin Selfridges, temple de la mode et de la consommation en plein coeur de Londres.


Topman Design - Fall-Winter2017 - Menswear - Londres - © PixelFormula

Rave oblige, la sono crache de l'électro signée Trevor Jackson à pleins poumons et les mannequins défilent au milieu d'un décor brut de colonnes de béton et d'imposantes sculptures métalliques en forme de tubes.

Les hommes de Topman, sans complexe avec leurs boucles d'oreilles et leurs cheveux gras, sont des fêtards en puissance et portent de larges vestes et blousons courts style bombers aux couleurs fluo éclatantes, vert, rose ou orange.

« Explosif »

« Les cheveux sont sales, gras, la peau aussi. C'est le look de ceux qui travaillent à l'extérieur toute la journée et qui clubbent toute la nuit », explique la marque.


Topman Design - Fall-Winter2017 - Menswear - Londres - © PixelFormula

Le vestiaire est tourné vers le confort, guidé par un idéal hédoniste, avec des pantalons de jogging gris classique subtilement rehaussés, à la ceinture et à l'entrejambe, de pièces brillantes reprenant, comme un contre-point, les couleurs acidulées déjà vues sur les hauts.

Les formes sont amples, d'inspiration baggy, tandis que les jeans ultra évasés à taille haute feraient presque passer les pattes d'eph pour des coupes slims...


Topman Design - Fall-Winter2017 - Menswear - Londres - © PixelFormula

« Explosif », commentait après le défilé le magazine GQ : « Avec cette collection super fun, jeune, (...) Topman Design a montré une fois encore pourquoi elle était la marque préférée de tant de millennials », ces jeunes nés entre les années 1980 et 2000.

Chez Barbour International, l'ambiance est, forcément, nettement plus sage, dans le cadre policé de l'Institut royal des architectes britanniques.

La griffe actualise, avec une prudente modération, ses classiques. L'iconique veste huilée en coton se porte avec une chemise à carreaux bleue, un foulard court noué au ras du cou et un pantalon à revers, façon lumbersexuel (look bûcheron des villes).

La marque a également proposé une édition limitée de la fameuse veste avec des poèmes de l'Ecossais Robert Montgomery écrits à la main sur le dos. Ces derniers modèles étaient disponibles à la vente immédiatement, illustrant le concept du « see now, buy now » (« aussitôt vu, aussitôt acheté »), qui émerge depuis quelques saisons dans le milieu de la mode.

Brexit en embuscade

La Fashion Week de Londres présente jusqu'à lundi plus d'une cinquantaine de défilés et présentations dans un contexte économique encore épargné par le tumulte du Brexit.

En 2015, les ventes de la mode masculine au Royaume-Uni ont progressé de 4,1 % pour atteindre 14,1 milliards de livres (16,5 milliards d'euros), une croissance plus rapide que celle du prêt-à-porter féminin, dont le volume reste significativement supérieur, a indiqué le cabinet Mintel. Pour 2016, Mintel prévoit une croissance de 4,4 % et des ventes grimpant à 14,7 milliards de livres (17,2 milliards d'euros).

Quant au Brexit, la mode masculine semble, à l'instar du reste de l'économie britannique, encaisser sans trop de difficultés les conséquences immédiates du référendum du 23 juin sur l'Union européenne. « Sur le moyen terme en revanche, le secteur en ressentira probablement l'impact » et l'année 2017 pourrait être « plus dure », de nombreux détaillants risquant de répercuter sur les prix la baisse de la livre sterling, met en garde Mintel.

Après Londres, la Fashion Week masculine posera ses valises à Milan, avant Paris, puis New York.

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