Faible mobilisation pour le seizième jour d'action des gilets jaunes

Paris (Reuters) - Plusieurs milliers de personnes ont participé samedi dans toute la France à la 16e journée d’action des gilets jaunes, avec un niveau de mobilisation plus faible que les semaines précédentes.


Photo prise le 23 février 2019 - REUTERS/Jean-Paul Pelissier

A 14h, le nombre de manifestants était de 5 600 dont 1 320 à Paris selon le ministère de l’Intérieur, des chiffres divisés par deux par rapport à la semaine dernière à la même heure (11 600 et 4 000 respectivement).

Samedi dernier, 46 000 personnes avaient défilé au final contre 41 000 la semaine précédente, selon le même ministère.

A Paris, un cortège, qui avait été déclaré aux autorités, a défilé entre le quartier des Champs-Elysées et la place Denfert-Rochereau, dans le sud de la capitale. « Ric, pouvoir au peuple », « La France est pillée par l’oligarchie. Résistance », pouvait-on notamment lire sur des banderoles brandies par des manifestants.

À Toulouse, des milliers de personnes ont défilé en brandissant drapeaux français, drapeaux de pirate et branches de mimosas. Parti vers 14h des allées Jean-Jaurès derrière la banderole « cacatov party » incitant les manifestants à jeter des bombes à excréments sur les forces de l’ordre, le cortège a sillonné le centre-ville sans incidents au rythme du slogan « Toulouse Toulouse, soulève-toi ».

Vers 17h, la manifestation a été stoppée au niveau du boulevard de Strasbourg par les forces de l’ordre qui ont eu recours au canon à eau et au gaz lacrymogène pour disperser le foule.

A Lille, où les « gilets jaunes » avaient appelé à un rassemblement européen, quelques centaines de Belges et de Néerlandais se sont mêlés au cortège de 1 300 personnes, selon un décompte de la police. Quelques heurts ont éclaté, conduisant les forces de l’ordre à faire usage de bombes lacrymogènes.

Tensions dans le centre ville marseillais 

A Bordeaux, des milliers de personnes ont défilé dans le calme au départ de la place de la Bourse, comme chaque samedi, et se sont dirigés vers la gare Saint-Jean qu’ils ont envahie avant de cheminer en direction du centre-ville. Les plus radicaux des manifestants regroupés près de l’hôtel de ville ont été dispersés par des canons à eau et des gaz lacrymogènes. Au moins un manifestant a été blessé et les policiers ont procédé à des arrestations. Le député France Insoumise Loïc Prud’homme dit avoir été matraqué par les forces de l’ordre alors qu’il quittait la manifestation.

A Marseille, la police a compté 1 050 « gilets jaunes » dans les rues de la ville. Ils étaient également plus d’un millier à Lyon où des heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre avec jets de gaz lacrymogène de part et d’autre qui ont rendu l’atmosphère du centre-ville irrespirable.

Depuis le 17 novembre, ces manifestations hebdomadaires déroulées sur les thèmes du pouvoir d’achat, de la justice sociale et de la démocratie participative ont été émaillées de violences, auxquelles le gouvernement a répondu par un discours de fermeté.

« Chaque blessé est un blessé de trop. Alors chaque fauteur de trouble, chaque brute qui a déclenché la violence sera trouvée, interpellée, punie », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, vendredi lors d’une visite à Limoges (Haute-Vienne).

Certains dirigeants de l’opposition dénoncent pour leur part une forme de laxisme des autorités. « Je pense que les Français sont tous fatigués de ces désordres qui, en plus, entachent l’image de la France », a déclaré sur LCI la présidente (Les Républicains) de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, en marge du Salon de l’agriculture. « Stop à la violence, retour à l’ordre. Mais j’appelle aussi le gouvernement à prendre des décisions fortes à l’issue du ‘grand débat national’ qu’il a lancé », a-t-elle ajouté.

« Il n’y a toujours pas eu de réponse à la hauteur », a considéré pour sa part sur BFM TV Manon Aubry, tête de liste de La France insoumise pour les élections européennes.

Interrogée par LCI à Amiens (Somme), la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a demandé l’arrêt des violences. « Il y a un lieu pour exprimer démocratiquement son point de vue c’est le grand débat », a-t-elle dit.

Le « débat national », qui se déroule jusqu’au 15 mars, a donné lieu pour l’heure à plus de 6 500 réunions et plus d’un million de contributions ont été recueillies en ligne, ont fait savoir vendredi les organisateurs dans un communiqué.

© Thomson Reuters 2019 All rights reserved.

Business
INSCRIPTION À LA NEWSLETTER