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Dans la crise, l’e-commerce tend la main aux commerces de proximité

Publié le
25 mars 2020
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4 minutes
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Plusieurs portails de vente et prestataires spécialisés dans l’e-commerce ont mis en place des offres gratuites et préférentielles à destination des commerçants locaux, dont les portes sont closes depuis dix jours. Des offres désormais mises en avant par le ministère de l’Économie lui-même, à l’heure où les e-commerçants de métier connaissent réorganisations d’urgence et chute des commandes.


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Rakuten, Ebay, Cdiscount et Le Bon Coin font partie de ces sociétés ayant déployé des offres spécifiques. De même qu’Epicery, Ma Ville Mon Shopping, PetitsCommerces, Teekers et Wynd. A celles-ci s’ajoutent les solutions de logistique et livraisons Cubin et Stuart, les solutions de paiement Lydia et Paylib, sans oublier l’outil de création d’un site clé en main Prestashop.

Dans le détail, Ebay propose par exemple deux abonnements, Boutique Basique à 19,50 euros par mois pour douze mois et Boutique à la Une (davantage mise en avant sur la marketplace) à 39,50 euros pour six mois. Sans frais de résiliation à l’issue de la durée d’engagement. LeBonCoin propose de son côté une boutique « PRO » gratuite pour les entreprises de moins de dix salariés et pour toute la durée du confinement, sans obligation d’engagement. Cdiscount propose pour sa part six mois offerts (contre 39,90 euros par mois en temps normal) via une procédure accélérée, le stockage est offert jusqu’au 31 décembre et un forfait publicitaire de 100 euros est offert également. Le tout avec 0 % de commission sur les produits de première nécessité et 50 % de rabais sur les commissions des autres familles de produits.

"Nous sommes un agrégateur de boutiques tenues par des vendeurs", nous expliquait de son côté la semaine derrière le CEO de Rakuten France, Fabien Versavau. "Nous avons orienté une grande partie de nos équipes vers la simplification de nos éléments techniques, afin que chaque petit ou grand marchand puisse facilement créer sa boutique sur notre portail. Nous ne voulons pas qu'ils se retrouvent bloqués dans ce processus. Et nous mettons en place la gratuité de notre abonnement de services (499 euros par mois en temps normal) pour les trois premiers mois d'activité, afin qu'ils puissent tirer des bénéfices de cette nouvelle boutique en ligne." Depuis cet échange, Rakuten indique avoir observé une hausse de 35 % des créations de boutiques, concernant principalement des libraires indépendants.

Des prestataires également mobilisés



Au-delà des marketplaces, Prestashop propose de son côté aux commerces de créer leur propre portail, avec notamment 40 % sur son offre de lancement express, et 30 % sur une partie de son catalogue de services et options. Côté logistique, le spécialiste de l’uberisation du dernier kilomètre Stuart propose une série de tarifs spéciaux. Pour les distances inférieures à 3,5 kilomètres sont proposées deux formules à 5,95 euros à vélo et 10 euros en voiture, puis 9 et 18 euros pour les distances allant jusqu’à 7 kilomètres et un forfait kilométrique pour les distances supérieures. Cubyn propose pour sa part jusqu’au 28 mai des espaces de stockage gratuits pour les produits de première nécessité, allant de 18 à 100 mètres cubes.


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"Le canal du e-commerce n’étant pas toujours facilement accessible pour les commerçants, notamment les plus petits d’entre eux, un guide pratique à destination des artisans, commerçants et indépendants a été publié sur la plateforme 'France Num' pour aider les petites entreprises à utiliser ces outils", complète par ailleurs Bercy. En faisant référence à une série de conseils et astuces à mettre en place par les e-commerçants de fortune, et consultable sur cette page.

Choc des cultures commerciales



Des bonnes pratiques auxquelles s’ajoutent, coronavirus oblige, des disposition sanitaires spécifiques : des règles qui visent à réduire le contact au maximum entre les livreurs et destinataires et que rappelle de son côté la Fédération de la vente en ligne (Fevad) sur son portail.

Reste à savoir si les différentes mesures et réductions proposées par les portails seront plébiscitées par les professionnels du commerce de proximité. Un univers commercial qui avait historiquement fait de l’e-commerce la cible de ses critiques, l’accusant d’être l’une des principales raisons de la désertification commerciale des centres-villes tricolores. Autant de professionnels rompus au commerce physique qui devront, pour se trouver un débouché ne serait-ce que temporaire en ligne, se frotter aux pratiques et dispositifs spécifiques à leurs cousins dématérialisés. Sur fond de crise sanitaire, un choc des cultures commerciales pourrait ainsi se jouer chez les petits commerces.

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