Stella McCartney : rumeurs à l'Opéra

Une question obsédait tout le monde en arrivant au Palais Garnier, où avait lieu le défilé Stella McCartney : cette dernière va-t-elle, oui ou non, racheter la moitié de sa marque au groupe de luxe Kering ? Quelle que soit la réponse, si on en juge par cette dernière collection, la maison semble en excellente forme. Le défilé contenait tout ce que Stella McCartney fait de mieux : des vêtements plein de style, qui embellissent les femmes tout en leur donnant du pouvoir.


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Stella McCartney - automne-hiver 2018 - Womenswear - Paris - © PixelFormula

Un top tricoté en côtes gris ardoise, avec des manches trois-quarts, porté avec un pantalon ample en laine mohair ; un manteau masculin bleu poudré : la collection faisait envie. La créatrice britannique n'a aucune difficulté à donner une allure féminine et décontractée à une robe en faux cuir froncé ou en dentelle écrue - toutes deux impeccablement coupées. Tout aussi remarquables, un décolleté à l'allure très victorienne ; une série de tenues amusantes et peu pudiques qui rappelaient les portraits torrides de l'artiste britannique J.H. Lynch ; de fausses fourrures très réussies, portées avec des sneakers aux allures de creepers. Stella McCartney elle-même était majestueuse, toute de gris vêtue.
 
Après avoir suivi pendant deux ou trois saisons la tendance pour les volumes surdimensionnés, Stella McCartney a proposé une silhouette réduite, plus ajustée. Résultat : une collection commerciale et sûre d'elle-même, et c'est tant mieux.

Le défilé était aussi le premier à présenter les collections des deux sexes. Côté homme : des joggings bien coupés, des pulls à col V en point irlandais, des vestes en laine à carreaux estompés et un gilet en patchwork d'alpaga, de laine et de tweed, qui évoquait les strates de l'écorce terrestre. 

En quelques mots : un énoncé de mode intelligent, donné par une maison qui semble avoir atteint la maturité. Kering n'a pas précisé le chiffre d'affaires de Stella McCartney dans son rapport annuel, mais certaines sources bien informées avancent le chiffre de 250 millions d'euros par an, avec une croissance à un chiffre. À en croire certaines rumeurs, Sir Paul, le père de Stella McCartney, serait disposé à l'aider financièrement pour racheter la part de 50 % détenue par Kering - mais nos sources ont précisé que c'était peu probable.
 
Le propriétaire de Kering, François-Henri Pinault, n'était pas présent au défilé - ce week-end, il accompagnait sa femme, Salma Hayek, à la cérémonie des Oscars à Los Angeles. Un porte-parole de Kering a réaffirmé la position du groupe à ce sujet : selon lui, des discussions occasionnelles ont eu lieu, mais rien n'a changé dans leur relation depuis que Kering a racheté la moitié de la marque britannique en 2001. Sous les ors du Palais Garnier, aucune séparation ne semblait dans les tuyaux.

Le PDG de la maison, Frederick Lukoff, a refusé toute discussion sur le sujet : « Ne me posez même pas la question », a-t-il répondu, avant de s'éclipser pour aller discuter avec Roberto Vedovotto, PDG de Kering Eyewear, qui contrôle la licence mondiale des lunettes de soleil Stella McCartney.

Pas vraiment un indice de divorce imminent.

Traduit par Paul Kaplan

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