Le monde de la mode pleure la disparition d'Azzedine Alaïa

Paris, 18 nov 2017 (AFP) - Créateurs, mannequins et représentants du monde de la mode réagissaient nombreux samedi au décès du couturier franco-tunisien Azzedine Alaïa. Le créateur Jean-Charles de Castelbajac à l'AFP : « Azzedine était l'un des derniers couturiers à incarner cette main parisienne au service de la féminité. Il n'a jamais rendu les femmes fragiles, bien au contraire ».

Azzedine Alaïa et l'une de ses grandes muses Grace Jones - AFP/Georges Bendrihem

« Il a réussi par magie à inventer des vêtements ultra féminins pour des conquérantes, des guerrières. Azzedine était l'essence même de la modernité dans la mode, poursuit-il. Toutes les femmes le pleurent aujourd'hui. Il était unique. Un chapitre se ferme, plus qu'une page. C'était aussi un grand ami des artistes. Il était très ouvert d'esprit, curieux de tout. »

Pierre Cardin, créateur de la griffe du même nom déclare lui : « C'est un couturier de grand talent qui s'en va. Je le connaissais pour son travail. C'est une très triste nouvelle ».

Françoise Nyssen, ministre de la Culture s'est naturellement exprimée également sur la disparition du couturier : « Azzedine Alaïa était un amoureux de l'art, des artistes et un maître de la mode. Il avait une manière singulière de sublimer les femmes par ses tenues somptueuses. C'était un homme profondément généreux. Il nous manque déjà ».

Ralph Toledano, président de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode a lui déclaré à l'AFP : « Architecte des corps, homme de la féminité, Azzedine Alaïa est indéniablement l'inventeur d'un style. Ses défilés inattendus étaient incontournables et surtout un rêve dont on ne voulait pas sortir ».

Un concert de louanges auquel se joint François-Henri Pinault, PDG du groupe Kering : « Avec lui, tout était au sommet : la couture, l'art, l'exigence, le travail, la maîtrise et toutes les femmes qu'il habillait. C'était un artisan au sens noble du terme et un homme farouchement attaché à sa liberté ».

Ines de la Fressange, créatrice et ancien mannequin, twittait quant à elle : « Petit par la taille mais immense dans la mode. Adieu Azzedine Alaïa ». Tandis que Jack Lang, ancien ministre de la Culture et président de l'Institut du Monde Arabe estime lui que « Azzedine savait mieux que quiconque sublimer les femmes. Il les aimait et elles, en retour, lui vouaient une vénération infinie ».

Bernard Arnault, PDG de LVMH, a lui témoigné de sa tristesse profonde, ajoutant : « Il sut construire, avec une liberté créatrice toujours préservée et une indépendance toujours souriante, une maison de grand prestige et une identité esthétique bien reconnaissable ».

Enfin, Audrey Azoulay, directrice générale de l'Unesco et ex-ministre de la Culture, a salué l'artiste qu'était le couturier : « Hommage à Azzedine Alaïa, un génie tissant les liens entre mode, architecture, arts plastiques, sculptant ses créations pour magnifier le corps des femmes. Un homme libre et généreux, aimé et admiré ».

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