Galeries Lafayette : qui est la Financière Immobilière Bordelaise ?

Dans leur projet d’affilier 22 magasins de son réseau français dans des villes petites ou moyennes comme Besançon, Caen, Niort ou Dax, les Galeries Lafayette ont annoncé ce 6 février un rapprochement avec la Financière Immobilière Bordelaise. La holding est pilotée par l’homme d’affaires Michel Ohayon. Ce spécialiste de l’immobilier commercial, qui s'est diversifié dans l'hôtellerie et la vigne, va reprendre les murs et les fonds de commerce de ces adresses shopping en perte de vitesse.


Michel Ohayon a acquis en 2017 le vignoble bordelais de Château Trianon. - Laurent Koch le Breton

L’histoire de Michel Ohayon est celle d’un « self-made man » qui a su flairer les bonnes affaires. Né à Casablanca de parents commerçants, vendeurs de tissu, et arrivé à 2 ans Mérignac en 1964, il commence par ouvrir une boutique Daniel Hechter dans le centre commercial bordelais Mériadeck en 1984, avant de s’orienter vers l’investissement immobilier, comme le rappelle Le Journal des Entreprises. D’abord à Bordeaux donc, où il convainc des enseignes de s’installer dans les pieds d’immeubles qu’il a acquis rue Porte-Dijeaux, une artère alors peu dynamique, mais aujourd’hui devenue l’une des plus commerçantes de la ville.

Il enchaîne à Lille, ainsi que dans une vingtaine d’autres villes, en ciblant les emplacements premium. Tirant « profit avec audace de la crise immobilière de la fin des années 1980 », souligne La Tribune.

En 2005, le dirigeant cède un quart de son empire immobilier à la foncière anglaise Grosvenor et réinvestit dans les hôtels, puis la vigne. Derniers investissements en date ? Le propriétaire du Trianon Palace de Versailles, du Sheraton Roissy et du Grand Hôtel de Bordeaux a acquis le domaine du Château Trianon (Saint-Emilion grand cru) en février 2017 et l’hôtel Waldorf Astoria de Jérusalem en décembre dernier. La FIB investit également massivement dans des résidences en Floride.

A la tête de son groupe immobilier, le Bordelais de 56 ans pointe aujourd'hui à la 130e place du classement des plus grandes fortunes de France, selon Challenges, avec 650 millions d’euros de patrimoine personnel. Le promoteur, qui enchaîne les superlatifs dans la presse (« le conquistador », « le boss de l’immobilier »), gérerait plus de 2 milliards d’euros d’actifs par le biais de la Financière Immobilière Bordelaise. Comme elle le souligne, « la FIB est une structure non cotée et à taille humaine qui sait être réactive pour répondre aux nombreux potentiels de marché qui se créent dans un contexte économique opportuniste ».

Tout est donc question d’affaire à saisir et le dossier des Galeries Lafayette en régions a aiguisé son appétit. L'entrepreneur, qui reprend les murs et les fonds de commerce, renoue donc ici avec son attrait pour le commerce mode.

Si l’opération devrait être finalisée au second semestre 2018 et les 900 salariés transférés sous la direction de la holding, peu de détails sont communiqués sur la gestion au quotidien des points de vente, le dirigeant n'ayant pas répondu pour l'heure à nos questions. Les Galeries Lafayette précisent seulement que leurs équipes accompagneront la FIB côté centrale d’achat et animation commerciale notamment.

Chaque magasin aura néanmoins la latitude de se donner une couleur plus locale, en y introduisant par exemple des marques de sa région. Comment la FIB orchestrera-t-elle leur gestion : en confiant la direction du magasin à un acteur du retail de chaque ville ou en pilotant ces points de vente en interne ?

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